A la une
Jacques Samarut et Olivier Faron
La nouvelle ENS de Lyon parie sur l’interdisciplinarité
A leur tour les deux ENS de Lyon succombent à la mode de la fusion dans l’enseignement supérieur. Depuis le 1er janvier 2010, l’ENS sciences exactes et l’ENS LSH ne font donc plus qu’une seule et même entité, tout en conservant leurs deux sites.
« Plus qu’une fusion, il s’agit de la création d’un nouvel établissement, avec ses objectifs propres », indiquent Jacques Samarut le président et Olivier Faron, directeur général dans un courrier adressé à educpros. « Il s’agit de mutualiser équipements et savoir-faire pour dynamiser l’enseignement et la recherche dans des approches très interdisciplinaires entre les sciences exactes et les sciences humaines et sociales. Il n’est pas question de faire des économies d’échelle mais plutôt de faire mieux ensemble, en mettant tout en commun. »
Cursus à la carte
Concrètement, chaque élève de la nouvelle ENS se voit proposer un cursus associant des modules de sciences et de lettres dans un programme construit à la carte. L’étudiant peut choisir sa formation parmi la quasi totalité des disciplines scientifiques : Biologie, Chimie, Informatique, Langues, Lettres modernes et classiques, Arts, Mathématiques, Physique, Humanités, Sciences sociales, Sciences de la Terre.
Campus Charles Mérieux
Membre du PRES Université de Lyon, l’ENS est par ailleurs très engagée dans le projet de Campus Charles Mérieux à Gerland. Celui-ci, qui réunit 8 établissements, prévoit notamment la construction d’un centre de recherche avancée réunissant biosciences et sciences-humaines et sociales.
Pour mémoire, la nouvelle ENS Lyon compte plus de 2000 étudiants, 400 doctorants, 350 chercheurs et 270 enseignants-chercheurs.
Egalité des chances : une école anti-quotas
A la question de l’ouverture sociale de l’école et de sa position dans le débat autour des boursiers en grandes écoles, voici la réponse de la direction de l’ENS. « La proportion d’étudiants boursiers à l’ENS de Lyon est proche de 22%. L’Ecole ne souhaite pas instaurer de quotas d’intégration car elle refuse d’instaurer des critères de sélection qui pourraient donner lieu à d’éventuels dérapages, comme ce pourrait être le cas avec des critères « ethniques » par exemple. Ce système de quotas introduirait aussi une discrimination entre les élèves admis par le biais du concours classique et ceux reçus dans le cadre de quotas. On aboutirait alors à un résultat totalement inverse à celui voulu.
Par contre, l’ENS de Lyon souhaite augmenter, en amont du concours d’entrée, le nombre de mesures mis en place pour permettre une plus grande mixité sociale. Elle participe ainsi activement au programme « Trait d’union multi-campus multi-quartiers » qui a permis de développer un système de tutorat dans cinq lycées de quartiers défavorisés de Lyon. Elle s’apprête aussi à créer une classe spécifique pour favoriser l’accès aux classes préparatoires. Au lieu d’instaurer des quotas au concours d’entrée, il vaut mieux développer les conditions d’accès des bacheliers aux classes préparatoires pour développer la mixité sociale au sein des grandes écoles.
27.01.10
Aller plus loin
Regroupés autour d'un concours commun d'entrée en première année, les six IEP (Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse) pourraient adopter une autre voie d'admission commune. Cette fois-ci à l'entrée de la quatrième année, via la BEL (banque d'épreuves littéraires) des ENS (écoles normales supérieures).
L’EM Lyon et Centrale Lyon ont lancé, le 15 septembre 2009, un vaste projet de rapprochement, baptisé symboliquement « Yin Yang ». Une nouvelle alliance entre une business school et une école d'ingénieurs, emblématique des stratégies de recomposition en cours dans l'enseignement supérieur. Objectif : gagner en puissance mais aussi mutualiser les moyens, avec à la clé un campus unique.
Débaucher un Prix Nobel étranger, mission impossible pour un établissement d'enseignement supérieur français ? Le recrutement en février 2010 du Prix Nobel de physique 2006, George Smoot, par l'université Denis-Diderot (Paris 7) illustre la nouvelle donne en matière de management des enseignants-chercheurs. Universités, écoles de commerce et d'ingénieurs ont mis en place des stratégies pour recruter dans leurs disciplines phares des chercheurs de renommée internationale.
Des quotas de boursiers dans les grandes écoles ? La polémique a été relancée depuis la prise de position de la CGE (Conférence des grandes écoles) contre l’instauration d’un quota de 30 % de boursiers dans ses établissements. Valérie Pécresse avait cité comme objectif ce chiffre lors d'une conférence à Sciences po le 10 novembre 2009. Depuis, les réactions contre la CGE se multiplient. Luc Chatel s'est déclaré « profondément choqué ». Richard Descoings, le directeur de Sciences po Paris, a dénoncé une « réaction antisociale dans toutes sa franchise ». Une opinion que ne partage pas Hakim El Karoui, président et fondateur du club du XXIe siècle, qui réunit les élites issues de la diversité. Ce normalien souligne la complexité du débat et la nécessité d'agir en amont.















