En bref
Statut des enseignants-chercheurs : Claire Bazy-Malaurie est nommée médiatrice
Valérie Pécresse a nommé Claire Bazy-Malaurie, présidente de Chambre à la Cour des comptes, médiatrice pour la concertation qui se poursuit avec l'ensemble de la communauté universitaire sur le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs. Cette spécialiste des questions universitaires est depuis 2008 présidente du comité de suivi de la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités.
Claire Bazy-Malaurie aura pour mission de réexaminer dans les deux mois à venir, aux côtés de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, "les modalités concrètes d'exercice de ces nouvelles compétences en lien avec les organisations représentatives, en tenant compte des spécificités de chacune des disciplines universitaires".
La ministre doit recevoir mercredi 11 février 2009 la communauté universitaire pour discuter de la réforme du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs. Ces derniers commencent une deuxième semaine de mobilisation, marquée par une manifestation nationale mardi 10 février à Paris.
"Je passe toute ma semaine sous le signe du dialogue parce que je crois que ces malentendus peuvent être levés", a déclaré la ministre sur Canal+ le 9 février. "On va dialoguer. Il y a des voies de passage. Je veux rassurer, je veux rassurer surtout chaque discipline", a-t-elle ajouté. "Il n'y a pas de gagnants, il n'y a pas de perdants", selon elle. A la question de savoir sur quelle "partie du texte" des "voies de passage sont possibles", elle a répondu : "Je ne préempte pas le dialogue (...), je vais d'abord écouter, et je répondrai."
09.02.09
Aller plus loin
A la veille de la manifestation nationale des enseignants-chercheurs et des étudiants, Valérie Pécresse a annoncé dans la soirée sur France Info qu'elle s'engageait à retravailler le texte du décret statutaire avec la médiatrice nommée le même jour. Claire Bazy-Malaurie, présidente de Chambre à la Cour des comptes, aura deux mois pour mener à bien la concertation. Quelques heures auparavant, neuf présidents d'université lançaient, à la Sorbonne, un appel solennel au retrait des réformes engagées par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Valérie Pécresse doit toujours rencontrer les acteurs de la communauté universitaire au lendemain de la manifestation parisienne. Les universités entrent dans leur troisième semaine de mobilisation.
La mobilisation des enseignants-chercheurs a rassemblé quelques milliers de manifestants le 5 février 2009 sur toute la France, à l'appel de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche (Snesup, SNCS, Snasub, SNTRS, FERC-sup, CGT-INRA, SNPREES, Sud-Education, Sud-recherche, UNEF, SLR et SLU). Outre ces manifestations - la prochaine est prévue à Paris le 10 février -, le mouvement de grève des enseignants-chercheurs contre la réforme de leur statut prend de nouvelles formes.
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a adressé le 30 janvier 2009 une lettre aux enseignants-chercheurs « afin de (leur) faire part des précisions qui ont été apportées au projet de décret avant sa transmission au Conseil d’Etat ». « Je tiens à apporter les réponses attendues, lever les ambiguïtés, préciser et expliquer le texte dans sa lettre et dans son esprit, etc. », écrit Valérie Pécresse. Le projet de décret modifiant le décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs a été transmis le même jour au Conseil d'Etat.
Le mauvais temps n’a pas empêché les enseignants-chercheurs de faire une démonstration de l’ampleur de leur mobilisation contre les réformes du gouvernement. Le défilé parisien a rassemblé entre 17000 (selon la police) et 50000 personnes (selon les organisateurs), le 10 février 2009. Des défilés en province ont finalement été organisés. Selon le Snesup, ils ont rassemblé 7000 manifestants à Lyon, 6000 à Toulouse ou Marseille, 4000 à Montpellier, 3500 à Strasbourg, 2000 à Poitiers par exemple. Les étudiants des filières universitaires, des IUT ou des IUFM ont rejoint en masse les cortèges d’universitaires et de Biatos. Reportage à Paris entre le boulevard Saint-Michel et les Invalides.










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