En bref
La recherche scientifique américaine touchée par la crise
La Purdue university et l'Indiana State university, deux grands établissements américains de l'Indiana, ont reporté leur projet d'alliance. Ce dernier, évalué à 70 millions de dollars, visait à soutenir l'industrie des sciences de la vie. En cause, les financements de l'Etat de l'Indiana, repoussés d'une à deux années.
Retour sur le secteur de la recherche scientifique américain, fortement touché par la crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Un texte signé Lila Laborde et Adèle Martial.
Un projet ambitieux, dans le domaine de l'industrie des sciences de la vie, impliquant la collaboration de deux universités de l'Etat de l'Indiana, Purdue University et Indiana State University, vient d'être retardé par le gouverneur Mitch Daniels pour des raisons économiques.
Une alliance pour relancer la création d'emplois dans le secteur des technologies
Ce projet d'un budget de 70 millions de dollars visait à soutenir des secteurs spécifiques de l'industrie des sciences de la vie tels que la pharmacie, la bioénergie et la nanotechnologie.
Les deux universités avaient initié ce projet dans un objectif de relance de la création d'emplois dans le secteur des technologies avancées pour compenser les pertes d'emploi affichées par l'Etat de l'Indiana dans le secteur manufacturier.
Les financements en provenance de l'Indiana retardés
Bien que les deux universités gèrent chacune leurs propres laboratoires de recherche et incubateurs d'entreprises, elles souhaitaient établir une "Alliance de recherche" qui rassemblerait les principales entreprises privées du secteur et l'Etat de l'Indiana.
Le gouverneur de cet Etat a cependant annoncé ces derniers jours que le financement pour cette Alliance serait retardé d'une à deux années. Proposition a été faite aux principaux investigateurs du projet de s'appuyer, dans un premier temps, sur des financements privés.
Crise générale pour les emplois du secteur de la recherche scientifique
Les activités de recherche et développement connaissent des moments extrêmement difficiles actuellement aux Etats-Unis. A titre d'exemple, l'Etat du Michigan a perdu 6.100 emplois scientifique et technique (incluant ingénieurs, chercheurs et informaticiens) au cours de l'année 2008, dont 5.200 au cours des 6 derniers mois.
Les statistiques de l'Etat indiquent une baisse de 17%, en deux ans, pour les seuls emplois du secteur de la recherche scientifique.
La recherche agronomique est également touchée par la crise économique et financière ; le budget 2009 de l'USDA [département de l'agriculture au niveau fédéral ndlr] pour la recherche baisse de 314 millions de dollars sur un budget global de 3 milliards en 2008, et par conséquent le Département de recherche agronomique de l'USDA (l'ARS), prévoit d'ores et déjà une diminution de près de 118 millions de dollars pour ce début d'année 2009.
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03.02.09
Aller plus loin
Fortement touchées par la crise économique, certaines universités américaines devraient néanmoins s'en sortir mieux que d'autres : les « for-profit colleges ». Moins chères que les établissements privés « non profit » pour les étudiants, ces universités privées « à but lucratif » sont bien équipées pour faire face à la récession, à l'heure des coupes budgétaires dans les établissements publics. Emplois du temps flexibles, formations en ligne, localisations pratiques et soutien personnalisé... autant d'atouts qui séduisent de plus en plus d'étudiants. Retour sur ce type d'établissement américain particulier, le « for-profit college » en temps de crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis (Washington DC). Un texte signé Pascal Delisle, attaché culturel, et sa collègue Isabelle Schöninger.
Les finances des universités américaines sont au plus bas. La prestigieuse université d'Harvard prévoit ainsi une diminution de son capital de 30%, soit près de 10 milliards d’euros. Avec elle, l'ensemble des universités américaines est touché de plein fouet par la crise financière et économique. Les frais d’inscription et de scolarité ont enregistré en octobre 2008 une hausse allant de 4,5 à 6,5% par rapport à la rentrée précédente. Endettés pour les deux tiers d'entre eux, les étudiants américains voient s'accumuler les difficultés. Retour sur le paysage complexe de l'enseignement supérieur américain en temps de crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis (Washington DC). Un texte signé Pascal Delisle, attaché culturel, et sa collègue Florence Barnier.
Le système universitaire de Californie est durement touché par la crise économique. L'université américaine Caltech a ainsi annoncé près de 100 licenciements et un gel des embauches pour certains postes encore non occupés. Cet établissement privé tire 30% de ses financements directement des retours sur investissement et des donations. D'autres universités telles que University of Southern California et Stanford University ont également dû se résoudre à prendre des décisions similaires. Retour sur la situation d'une université californienne en temps de crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Un texte signé Camille Arnaud.
Les besoins de nouveaux enseignants en sciences, technologies, mathématiques et ingénierie (STEM) sont immenses, d'ici à 2015 aux Etats-Unis, tandis que la tendance est à la désaffection des étudiants vers ces filières. Et même parmi ceux qui choisissent ces matières à l'université, peu se destinent à l'enseignement. Retour sur un constat inquiétant, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Un texte signé Estelle Bouzat.
Depuis près de cinq ans, les fonds engagés dans la recherche et le développement (R&D) par les agences fédérales américaines diminuent de 2,1 % par an. Le plan de relance de Barack Obama laisse néanmoins entrevoir un renversement de la tendance, avec 21,5 milliards de dollars attribués à la R&D en fonds supplémentaires d'urgence. Retour sur la politique fédérale américaine en R&D, vu de l'ambassade de France à Washington. Un texte signé Estelle Bouzat.
Comment produire une revue académique de qualité accessible au maximum de chercheurs ? A l'ère du tout gratuit, cinq universités américaines renommées (MIT, Harvard university, Cornell university, Darmouth College et l'université de Californie à Berkeley) se sont associées en vue de modifier le modèle économique des revues où sont publiés leurs chercheurs. Retour sur cette évolution vers un libre accès aux revues scientifiques américaines, vue de l’ambassade de France à Washington. Un texte signé Pascal Delisle, attaché culturel, et Marion Bruley.
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