En bref
Mastérisation : les "précisions" de Darcos et Pécresse enterrées par les syndicats
Au coeur de la mobilisation des universitaires, la réforme de la formation des enseignants est de nouveau retouchée par le gouvernement. Pas de recul, mais des "précisions", selon les ministères de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur qui ont publié conjointement un communiqué le 12 mars 2009 au soir. Des précisions largement insuffisantes, selon les syndicats qui ont rejeté unanimement ce nouveau texte.
2009-2010, une année "transitoire"
La principale nouveauté concerne le calendrier de mise en place de la mastérisation. Plutôt que le report de la réforme, demandé par de nombreux acteurs du mouvement de contestation et aussi par la CPU, Xavier Darcos et Valérie Pécresse persistent à lancer la réforme, comme prévu, dès la session 2010 des concours, mais de manière transitoire.
« Cette réforme verra son aboutissement à l’occasion de la session des concours 2011 », écrivent-ils ainsi dans leur communiqué. Durant l’année transitoire (2009-2010), la version définitive de la réforme de la mastérisation sera discutée avec la "commission de concertation et de suivi", associant les syndicats.
Mais où sont les IUFM ?
Sur l’autre point épineux du dossier : l'intervention des IUFM dans la formation des enseignants, le nouveau texte interministériel reste silencieux.
Seule indication : « Les jeunes enseignants bénéficieront d’un meilleur accompagnement lors de leur entrée dans le métier », avec une « formation continue renforcée ». Cette dernière prendrait la forme d’un suivi pratique avec un tutorat pour chaque enseignant (dans l’année qui suit son recrutement), mais aussi de formations « hors école ou établissement », « dont les universités seront les acteurs essentiels ». S’agit-t-il des IUFM ? Dans quelle proportion ? Aucune précision supplémentaire.
« Le texte est formulé de telle manière qu’il n’y a aucun engagement précis », déplore à ce sujet Patrick Baranger, président de la CDIUFM, qui voit dans ce texte très peu de nouveautés et l’estime même « encore plus mauvais qu’avant ».
Quand le rejet est unanime…
Les réactions des différents acteurs du mouvement de protestation sont unanimes pour dénoncer ces dernières « précisions » gouvernementales sur la réforme de la mastérisation.
Le message est clair. « Très en deça de nos demandes » pour le Snes, des éléments qui ne « permettent pas de sortir de la confusion actuelle » pour le SNUipp, « Aucun élément nouveau » pour la fédération Unsa Education et selon le SE-Unsa, son syndicat du secondaire, « un système sans queue ni tête », « Des réponses biaisées » pour le Snesup, « une gesticulation ministérielle » pour Sauvons l’université. « Est-il raisonnable de vouloir organiser les nouveaux concours dès 2010 ? », demande AutonomesSup.
C’est sur ce point de calendrier que la contestation reste la plus marquée, avec l'exigence de retrait, ou du moins de report de la réforme. La CDIUFM hausse elle aussi le ton, jugeant ce projet « aujourd’hui englué dans une confusion totale ».
« Il est aujourd’hui trop tard pour une mise en oeuvre, en l’état, de cette réforme à la rentrée de septembre 2009, sauf à affaiblir considérablement la qualité attendue des nouveaux dispositifs de formation. L’éventualité d’une « année transitoire », mélangeant système actuel et projet de réforme risque de rajouter de l’incohérence », affirme la Conférence. La CPU renvoie, elle, à sa dernière prise de position sur le sujet (5 mars 2009), réservant sa réponse à la semaine prochaine.
13.03.09
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