En bref
Réforme du lycée : les lycéens ont manifesté malgré le report
Le report de la réforme du lycée annoncé le 15 décembre 2008 n'aura pas suffi. La proposition "d'états généraux" dans les établissements non plus. Malgré ces annonces, Xavier Darcos n'arrive pas à calmer les lycéens, qui sont restés très mobilisés à la veille des vacances de Noël.
Plus que jamais mobilisés. On pouvait penser que le report de la réforme du lycée décidé par Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, après consultation de Nicolas Sarkozy calmerait les lycéens… Raté. Depuis son annonce, lundi 15 décembre 2008, les jeunes n’ont pas baissé les armes. Au contraire. Jeudi 18 décembre, ils étaient environ 150.000 à manifester dans toute la France, à l’appel des principales organisations lycéennes, l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne). Dans les cortèges, les manifestants martelaient des slogans comme "Darcos, maintenant ou dans douze mois, ta réforme on n'en veut pas" ou "Darcos démission pour sauver l'éducation". Le ministre lui-même a jugé la mobilisation "importante". Et d’annoncer, devant le Sénat, la réouverture de "la totalité du dossier".
Des états généraux du lycée pour 2009
Pour bien faire, Xavier Darcos a proposé l’organisation "d’états généraux" du lycée à partir des établissements pour "faire s'exprimer tous les lycéens". Le ministre a déclaré qu’il n’y avait "plus de raison aujourd'hui d'être dans la rue, en tout cas en ce qui concerne le lycée" puisqu’on "repart à zéro". Vendredi 19 décembre 2008, sur LCI, il a également ajouté qu’il faudra veiller à ce que les "blocages de lycée ne se reproduisent plus au mois de janvier" et que "les lycéens qui veulent travailler puissent travailler".
Malaise à la grecque
Xavier Darcos toujours à l’Education début 2009… L’idée a fait immédiatement réagir les syndicats. L’UNL et la FIDL ont appelé à des mobilisations (assemblées générales, actions d'informations, rassemblements) le 8 janvier dans les lycées. La FIDL a également décidé d’organiser ses propres états généraux les 24 et 25 janvier, à l'issue desquels seront remises au ministre "150 propositions des lycéens pour une réforme du lycée". Par ailleurs, un collectif réunissant les principales fédérations de l'Education, organisations lycéennes et parents d'élèves a de nouveau appelé à manifester le samedi 17 janvier. Pour justifier leur grogne, les protestataires évoquent à présent les suppressions de postes (13.500 à la rentrée 2009). Pour le gouvernement, pas de doutes, les tensions sont créées et attisées par la gauche, notamment par le Parti socialiste, "le récupérateur principal", selon Xavier Darcos. Reste une hypothèse à creuser : et si la jeunesse exprimait aujourd’hui son malaise, un malaise à la grecque ?
19.12.08
Aller plus loin
Coup de théâtre. Alors que Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, devait détailler mardi 16 décembre 2008 la nouvelle seconde, prévue pour la rentrée 2009, un communiqué du ministère a brusquement annoncé, la veille, le report de sa réforme. « Xavier Darcos a décidé de laisser plus de temps pour la mise en œuvre de la réforme de la classe de seconde initialement prévue pour la rentrée 2009 dans le cadre de la réforme du lycée », mentionne le texte. Celui-ci précise également que le ministre « propose de prolonger les discussions sur le lycée ». Ces discussions débuteront en janvier 2009.
La réforme du lycée de Darcos verra-t-elle le jour dès la rentrée 2009 ? La rumeur enfle de toutes parts, en dépit des démentis formels du ministère.
Samedi, le Ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a invité les 600 délégués à la vie lycéenne à débattre du « projet de réforme » du lycée. La séance plénière, censée restituer leurs observations, fut houleuse (le reste de la journée était à huis clos). Extraits.
La réforme du lycée est menée par le recteur Jean-Paul de Gaudemar dans un agenda très serré. Xavier Darcos devrait présenter son projet le 15 octobre 2008 au CSE (conseil supérieur de l’éducation) pour recueillir son avis consultatif. Les premières décisions doivent être prises en décembre 2008. Dans un an, les élèves entrant en seconde seront les premiers à tester l'autonomie que le ministre souhaite leur accorder. D’ici là, plusieurs étapes restent à franchir en maintenant le fil de la concertation. Le SNES a menacé de quitter la négociation, le 18 septembre 2008, avant de revenir à la table de discussion après avoir obtenu du ministère qu’une "réflexion" soit engagée sur le calendrier de mise en œuvre de la réforme.








Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Ajouter un commentaire