En bref
Le BIPE de Cergy met le paquet sur l’insertion des licences générales
A l’université de Cergy-Pontoise (UCP), le bureau d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants a ouvert le 1er septembre 2008 sous une appellation plus enlevée : le BIPE pour bureau de l’insertion professionnelle des étudiants. Une mission que cette université nouvelle ne vient pas de découvrir, puisque son SCUIO avait déjà une personne dédiée. LRU oblige, la création du bureau insertion professionnelle, implanté au sein du SCUIO, fonctionne avec trois personnes à temps plein.
Public cible des actions du BIPE : les étudiants des licences générales (géographie, histoire, lettres notamment) plutôt que les étudiants des formations professionnelles, mieux armés pour leur insertion professionnelle.
Fournir un tiers des stages
Colette Gluck, directrice du SCUIO et nouvelle chargée de mission sur l’insertion professionnelle, détaille les moments-clés des interventions du BIPE. « Lors de l’accueil des étudiants à l’université, nous appuyons des conférences métiers organisées par les départements qui sensibilisent les étudiants aux débouchés de leur filière. Pendant leur PPE (projet professionnel de l’étudiant), intégré à l’UE de méthodologie, ils viennent chercher des ressources nécessaires à l’exploration d’un métier en allant sur le terrain. Nous intervenons aussi dans leur recherche de stage obligatoire en L2 ou L3. Nous souhaitons fournir cette année un tiers des stages sur les 2000 étudiants concernés. Des ateliers de recherche d’emploi ou de stage seront aussi proposés. A la rentrée 2010, ils devraient faire partie d’une UE ».
L'aide d'une plate-forme d’offres de stages et d’emplois, déployée par l’entreprise Place o Jeunes sur le site de l’université ne sera pas de trop. Un service payant pour les entreprises qui diffusent leurs offres et gratuit pour les universités et écoles.
Le schéma directeur avant 2009
Le programme d’actions du BIPE est bien avancé mais devra encore être développé dans un schéma directeur, exigé par la ministre de l’Enseignement supérieur pour toutes les universités avant le 31 décembre 2008. De la qualité reconnue à ce schéma dépendra l'attribution des moyens. Valérie Pécresse a promis que 55 millions d'euros seraient consacrés à cette nouvelle mission orientation et insertion professionnelle demandée aux université.
De quoi formuler des propositions ambitieuses pour une mission longtemps jugée annexe par de nombreuses universités. « Nous demandons pour 2009 un budget de 50 000 euros pour développer un projet de porte-feuille d’expériences et de compétences, un projet d’évaluation quantitative et qualitative des stages et un autre sur la production de taux d’insertion par diplôme », indique Colette Gluck.
Une action de fond
A côté de ces actions, la communication sur ces actions auprès des principaux intéressés est aussi eseentielle. Information aux étudiants de licence dans une cinquantaine d’amphis en septembre, porte-à-porte auprès des directeurs de composantes pour détailler les activités en matière d’insertion professionnelle, relance du réseau des anciens avec un site à relooker, le BIPE ne chôme pas.
« A l’UCP, tout le monde a compris l’intérêt de cette mission d’insertion professionnelle dans cette université nouvelle où a été créé le premier IUP (institut universitaire professionnel). Tout le monde essaie de jouer le jeu, mais avec l’implication des enseignants dans le plan licence et sur l’orientation active, on manque de bonnes volontés. En outre, sur les enquêtes d’insertion, on ne sait pas ce qui est attendu, c’est une grande nébuleuse. Ce que l’on sait, c’est qu’il est très difficile de faire un suivi des anciens étudiants, 12 ou 18 mois après leur sortie des études », conclut Colette Gluck, également enseignante d’IUT. La ministre a de son côté réaffirmé que les indicateurs sur les taux d'insertion serviraient aussi à l'allocation des moyens aux établissements.
15.10.08
Aller plus loin
Aider ses étudiants à trouver un stage ? Les universités vont y être de plus en plus assujetties avec l'obligation d'en effectuer au moins un en licence. Depuis 14 ans, la "banque de stages en entreprises pour étudiants" du pôle universitaire européen du Languedoc-Roussillon le propose à ses étudiants. Avec son site www.infostages-job.com, elle a constitué un réseau de 2500 entreprises et a rassemblé plus de 4000 CV d’étudiants. Ce service inter-universitaire gratuit souhaite aujourd'hui se déployer à l'échelle nationale.
Valérie Pécresse a reçu officiellement, le 8 octobre 2008, le rapport sur la mise en œuvre des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP) dans les universités piloté par Thomas Chaudron, président du centre des jeunes dirigeants (CJD) et Jean-Michel Uhaldeborde, ancien président de l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Un « modus operandi » concis. Les universités sont tenues d’ installer ces BAIP rapidement selon les termes de la loi : c’est la nouvelle mission « orientation et insertion professionnelle » définie par la LRU. Une réponse aux mobilisations anti-CPE qui avaient provoqué la commission et le rapport Hetzel « De l’université à l’emploi » en 2006.
Faut-il spécialiser les étudiants ou au contraire former des généralistes dans la société de la connaissance ? Les avis étaient partagés parmi les intervenants de la conférence « quelle éducation pour nous préparer à la société de la connaissance », donnée le samedi 18 octobre 2008 à l’Unesco dans le cadre de la troisième édition de l’Université de la Terre, organisée par la compagnie Nature & Découvertes. Ils étaient cinq à débattre des enjeux de la société de la connaissance : Marc Drillech (groupe Ionis), Axel Kahn (université Paris Descartes), Marc Luyckx (philosophe), Bernard Ramanantsoa (DG groupe HEC) et Dominique Thys (administrateur délégué à la direction générale de la Maif).
L’insertion professionnelle est devenue, avec la loi sur l’autonomie, une nouvelle compétence pour les universités. Valérie Pécresse était d’ailleurs en déplacement fin octobre 2008 à l’université de Bordeaux sur ce thème. Qui dit insertion professionnelle, dit bonne orientation. Les universités n’ont pas attendu la loi LRU pour aider leurs étudiants à construire leur projet professionnel, et de formation donc, avec des modules optionnels ou obligatoires de projet personnel. L’ouvrage « Changer de voie, c’est possible », de Magali Clausener et Frédérique Letourneux, à paraître le 13 novembre 2008 (Editions L’Etudiant), détaille quelques expériences intéressantes au sein des établissements. L’ensemble de ces démarches ont un point commun. Elles sont basées sur les principes du bilan de compétences défini par la loi et destiné traditionnellement aux salariés : connaissance de soi, analyse de son parcours et de ses compétences, élaboration de son projet professionnel. En avant-première, nous vous présentons les bonnes feuilles de ce livre. Après les bonnes pratiques dans les universités, nous vous ferons découvrir celles des écoles de commerce et d’ingénieurs.
L’université de Limoges a signé le 6 avril 2009, une convention de partenariat avec 10 entreprises. Des partenaires d'un certain standing puisqu'il s'agit des sociétés Altran, Banque Populaire, Banque Tarneaud, Café Errel, Etablissements Beyrand, FNAC, Métis Biotechnologie, Schneider Electric, Norisko et la SNCF. Cette convention université-entreprises recouvre trois grands domaines : les stages, le recrutement des diplômés et les synergies entre l’Université et ses partenaires.
Les universités ont dû rendre en février 2009 leur "schéma directeur d'aide à l'insertion professionnelle" au ministère de l'Enseignement supérieur. Retour sur les enjeux des BAIP (bureaux d’aide à l’insertion professionnelle) nés de la LRU et sur la méthodologie adoptée pour les enquêtes d’insertion demandées par le ministère avec Pierre Dubois, ancien directeur de l’OFIPE (Observatoire des formations, des insertions professionnelles, évaluations) de l'université de Marne-la-Vallée. Ce sociologue a lancé début 2009 le blog Histoires d'Universités.
L'association 100 000 entrepreneurs entend rapprocher le monde de l’éducation et le monde de l’entreprise et transmettre aux jeunes la culture d’entreprendre. Elle a organisé le 21 novembre 2008 un premier speed dating entre enseignants et chefs d'entreprise.











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