Interview
Sophie Arnould (Accenture)
Sophie Arnould (Accenture) : « Nous misons sur les réseaux d'anciens »
Accenture entend recruter 500 jeunes diplômés et 200 stagiaires, en 2008. Sophie Arnould, responsable du recrutement France au sein de ce cabinet de conseil, gère également, avec une équipe de trois personnes, les partenariats noués avec 45 écoles et universités. Une activité de campus manager en plein essor.
Les relations avec les étudiants semblent représenter une mission importante pour votre équipe.
Nous avons en effet considérablement élargi le spectre de nos partenaires : de 25 établissements d'enseignement supérieur avec lesquels nous avons des relations quasi historiques, nous sommes passés ces dernières années à 45 écoles partenaires.
Contrairement à la plupart des entreprises, vous vous intéressez presque autant aux universités qu’aux grandes écoles.
Oui. Et pas seulement à Dauphine ! Depuis l’an passé, nous participons à Universyntec (1) : un partenariat noué entre une vingtaine d’entreprises et quatre universités parisiennes. Les cursus universitaires d’informatique, de finance ou de gestion nous intéressent beaucoup : ils préparent très bien à nos métiers. La preuve : à l’issue de la première édition d’Universyntec, nous avons recruté une vingtaine de stagiaires. Cinq d’entre eux ont ensuite été intégrés en tant que consultants juniors.
Est-il aussi facile de travailler avec les universités qu’avec les grandes écoles ?
Non. Les universités ont encore un sérieux retard par rapport aux grandes écoles. Elles sont nettement moins structurées, si bien que l’on ne sait pas toujours à qui s’adresser pour organiser des actions spécifiques ou recruter des stagiaires. Nous devons parfois renoncer à prendre certains étudiants en stage car ils n’arrivent pas à avoir de convention. C’est vraiment dommage ! Les présidents d’université ont une indéniable volonté d’aller de l’avant. Mais ils ne combleront pas en un jour le retard qu’ils ont pris sur les grandes écoles, dont les services “relations entreprises” sont structurées comme de véritables PME.
Comment s’organisent vos équipes ?
Pour chaque école, chaque université, nous avons mis en place une équipe d’anciens de cette école réunissant au moins un consultant, un manager opérationnel et un référent RH. Ce qui nous permet d’être très présent et de répondre rapidement à toutes les demandes d’intervention ou de partenariat.
(1) La 2e édition d’Universyntec a eu lieu du 28 janvier au 19 février 2008. Une vingtaine d’entreprises ont pris part à cette opération : elle sont allées à la rencontre des étudiants des universités de Créteil, Marne-la-Vallée, Paris 11 (Orsay) et Villetaneuse.
09.04.08
Aller plus loin
Spécialisé dans l’aérospatial, la défense et la sécurité, le groupe Thales emploie 35 000 salariés en France. Il a prévu, pour 2008, de recruter 3 000 personnes, dont la moitié de jeunes diplômés, et d’accueillir 2 000 stagiaires. Jean-Louis Onnis, responsable emploi et relations écoles, décrit les relations du groupe avec l’enseignement supérieur.
Vingt-deux campus managers issus des plus grands groupes internationaux (Areva, ArcelorMittal, Danone, EADS, Kraft Foods, Nestlé, PPR, Renault, etc.) annoncent la création de SYNERGIE campus entreprises. Une association qui entend devenir un nouvel interlocuteur pour l’enseignement supérieur. Son président, Henry Dufourmantelle, corporate campus management director chez Areva, présente les ambitions de ce nouveau réseau professionnel. Les entreprises adhérentes ne pèsent pas moins de 35 000 recrutements par an dont 10 000 cadres parmi lesquels deux tiers de jeunes diplômés.





