En bref
Rapport Descoings sur le lycée : des réactions plutôt positives
Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES-FSU
"Un rapport prudent"
Le principal syndicat d'enseignants du second degré se réjouit que le rapport Descoings reprenne "avec prudence" certaines de ses préconisations comme "la mise en place d’une vraie classe de seconde de détermination, un travail sur les trois voies du lycée (générale, technologique et professionnelle), le développement de la spécificité de la voie technologique (et notamment la rénovation de la filière STI)". Il estime que la réforme préconisée "s’attache à la structure mais aussi aux contenus et à la méthode.
"Comme nous, Richard Descoings émet des doutes sur une modularisation des enseignements préconisée par Xavier Darcos et Benoist Apparu, le rapporteur de la mission parlementaire sur le lycée. Autant de points entendus lors de la consultation... Néanmoins, le rapport Descoings manque de précisions (par exemple sur la définition de la mission des conseillers d’orientation psychologues) et fait peu de propositions concrètes. Il évoque un certain nombre de scénarii à la fin. On attend de voir ce que va choisir le politique… En outre, nous attendons un message fort : une réforme du lycée n’est pas faite pour gagner des moyens mais pour favoriser la réussite des jeunes. Elle doit s’inscrire dans la durée et être dégagée des contraintes budgétaires."
Antoine Evennou, secrétaire général de l'UNL (Union nationale lycéenne)
"Nous sommes un peu plus confiants mais nous restons sur nos gardes"
"Richard Descoings reprend beaucoup de revendications de l'UNL (sur l'engagement du lycéen, la pédagogie, etc.) et donc a répondu à sa mission de consultation. Seul problème : l'orientation. Son rapport mentionne des propositions intéressantes mais oublie la création d'un service public d'orientation comme l'avaient prévu Xavier Darcos ou Benoist Apparu, dont le rapport comportait des idées intéressantes mais ne parlait pas spécifiquement de la pédagogie ou de l'engagement lycéen. S'il y avait demain une réforme à mettre en place, nous préférerions donc commencer par le projet Descoings qui répond davantage à nos attentes.
La question fondamentale qui se pose aujourd'hui est : que va faire le gouvernement de ce rapport et quelle politique budgétaire va être mise en place ? L'UNL pense qu'il faut mettre des moyens dans l'éducation. Les propositions de Richard Descoings - la rénovation de la voie technologique, l'augmentation du nombre de co-psys, l'accompagnement scolaire... - nécessitent une augmentation de moyens.
Nous demandons donc une vaste concertation. Nous espérons repartir sur de bonnes bases. Nous sommes un peu plus confiants mais nous restons sur nos gardes. Les lycéens ne seront pas dupes et sauront se mobiliser s'il le fallait."
Tristan Maupoil, porte-parole de RNL (Réformons nos lycées)
"Rien de concret pour les lycéens"
Fidèle à l'UMP, Tristan Maupoil, le porte-parole de l'association RNL (Réformons nos lycées) qui avait ouvert un groupe Facebook pro-réforme Darcos à l'automne 2008, a jugé que la consultation de Richard Descoings n'aboutissait qu'à "des évidences connues depuis longtemps mais rien de concret" dans un communiqué. "La revalorisation des filières technologiques, le rééquilibrage des filières générales, la diminution des heures de cours : autant de sujets qui ont été abordés bien avant la nomination de Monsieur Descoings", déclare-t-il dans un communiqué. "On approuve bien évidement ces déclarations d'intentions, de même de la revalorisation de la démocratie lycéenne, mais on se demande où sont passées les préconisations révolutionnaires de Richard Descoings", ajoute-t-il.
RNL salue l'idée d'avoir de l'oral dans les épreuves de langues au bac mais s'oppose à des heures de travail personnelles obligatoires dans l'emploi du temps du lycéen, "idée reprise à la commission Apparu".
Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA
"Les mesures proposées relèvent trop souvent de l’anecdotique ou du vœu pieux"
Dans son communiqué, le syndicat des enseignants - UNSA s'interroge sur ce qu'il faut penser du rapport Descoings et hésite entre "pragmatisme réaliste, déminage politique et habileté tactique". Selon son secrétaire général, "tous les acteurs sont entendus, reconnus, valorisés, "aimés"". De quoi rester sur ses gardes... "Si on résume les propositions qui pourraient être mises en oeuvre à la rentrée 2010, où seront les vrais changements ? Les voies générale et technologique maintenues séparées, une série S plus typée, une série L plus polyvalente, ne changeront rien aux hiérarchies existantes !", déclare le communiqué.
"Pour le SE-UNSA, les mesures proposées relèvent trop souvent de l’anecdotique ou du vœu pieux. Certes, Richard Descoings insiste, à raison, sur l’importance de l’orientation, de l’accompagnement personnalisé et de la rénovation des enseignements. Mais comment faire sans toucher à l’organisation de la scolarité, à l’emploi du temps des lycéens et aux missions des enseignants ? Or, ces sujets sont esquivés ou renvoyés à une hypothétique "vaste concertation", dont on pensait pourtant qu’elle venait d’avoir lieu…", déplore le syndicat, dont les membres restent vigilants.
02.06.09
Aller plus loin
Surprise ! On attendait le rapport de Richard Descoings sur le lycée vers le 11 juin 2009. Finalement, le directeur de Sciences po a remis ses conclusions à Nicolas Sarkozy le 2 juin 2009, à 11 heures. Soit cinq jours avant les élections européennes. Sur le fond, rien de révolutionnaire. Le chargé de la mission lycée s’est concentré sur les thèmes qui sont ressortis de sa consultation entamée en janvier 2009 et menée dans 80 lycées et presque autant de départements (soit un peu moins que prévu). Prioritaires dans son programme : l’orientation, la rénovation de la voie technologique, la maîtrise des langues, le rééquilibrage des séries. Sur la forme, il prend le contre-pied de Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale également présent à l'Elysée, en donnant la parole à la communauté éducative. Et Nicolas Sarkozy approuve. Dans un communiqué, l'Elysée déclare que "Richard Descoings souligne avec justesse que la réforme doit partir des préoccupations concrètes exprimées par le terrain (...)". "L'objectif est une entrée en vigueur de tout ou partie des mesures dès la rentrée 2010", précise le texte.
Benoist Apparu, le député UMP de la Marne, a présenté mercredi 27 mai 2009 son rapport sur la mission d’information parlementaire sur la réforme du lycée. Ses préconisations mêlent idées neuves très ambitieuses et déjà-vu dans le projet Darcos.
Eric Charbonnier est expert sur les questions d’éducation à l’OCDE. Il analyse pour educpros.fr le rapport du député Benoist Apparu sur le lycée, paru le 27 mai 2009, quelques jours avant celui de Richard Descoings.
Claude Lelièvre est professeur émérite d’histoire de l’éducation à l'université Paris 5. Pour educpros.fr, il analyse le rapport du député Benoist Apparu rendu public le 27 mai 2009 sur la réforme du lycée, quelques jours avant celui de Richard Descoings.










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