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Xavier Darcos repousse la réforme du lycée
Coup de théâtre. Alors que Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, devait détailler mardi 16 décembre 2008 la nouvelle seconde, prévue pour la rentrée 2009, un communiqué du ministère a brusquement annoncé, la veille, le report de sa réforme. « Xavier Darcos a décidé de laisser plus de temps pour la mise en œuvre de la réforme de la classe de seconde initialement prévue pour la rentrée 2009 dans le cadre de la réforme du lycée », mentionne le texte. Celui-ci précise également que le ministre « propose de prolonger les discussions sur le lycée ». Ces discussions débuteront en janvier 2009.
« L’objectif est de restaurer le consensus des lycéens, des enseignants et des familles créé en juin 2008 pour reconnaître la nécessité d’une réforme et sa mise en application en 2009. Aujourd’hui, ce consensus est battu en brèche à cause des diverses rumeurs qui ont circulé : la suppression du bac, l’histoire-géo proposée en option, la suppression des filières, etc. Les familles se sont inquiétées. Il faut prendre le temps de leur expliquer. On veut avancer sur les trois classes du lycée en même temps pour proposer une réforme globale, peut-être en 2010 », nous a indiqué le ministère.
Oui, l’Elysée est intervenue…
Au cours du week-end précédant cette annonce, Xavier Darcos n’avait pourtant pas hésité à décrire sa nouvelle seconde dans les médias. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, parue le 14 décembre 2008, le ministre venait notamment de déclarer que les sciences économiques et sociales feraient partie du tronc commun et que la semaine des élèves comprendrait 31h30 de cours. Selon notre source, « cet article ultra pédagogique revenait à une dernière tentative de contrer les rumeurs. Mais elle a été insuffisante ». Cette décision subite du report vient-elle de l’Elysée ? « Effectivement, l’Elysée est intervenue à un moment donné… Le ministre a appelé le président de la République pour lui parler de sa décision. Et le président de la République a approuvé », a précisé notre source. De son côté, François Fillon, le Premier ministre, a affirmé que la réforme du lycée avait « besoin d’explication » et que « l’on n’était pas à trois mois près ». Trois mois : une durée qui ne doit rien au hasard. Aux alentours de mars 2009, Xavier Darcos devait annoncer les contours du nouveau cycle terminal, prévu pour 2010 et 2011.
Et maintenant ?
Depuis le début du mois de décembre 2008, plusieurs milliers de lycéens manifestent spontanément contre ce projet de réforme, notamment dans l’ouest de la France. Des événements – rassemblements, blocages d’établissements, échauffourées avec des forces de l’ordre, etc. – peu nombreux mais jugés « violents » qui inquiètent le ministère. « Il s’agit d’un mouvement non structuré, sans revendications. Dans ces conditions, il est difficile de discuter ». Malgré l’annonce de Xavier Darcos, l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante des lycéens) ont annoncé la poursuite de la mobilisation et le maintien de la journée de manifestations jeudi 18 décembre 2008. Les lycéens étaient encore dans la rue, lundi, à Nantes, Lille, Calais, Lens, etc. Leur message : « On ne veut pas un report, on veut une annulation ».
15.12.08
Aller plus loin
Le report de la réforme du lycée annoncé le 15 décembre 2008 n'aura pas suffi. La proposition "d'états généraux" dans les établissements non plus. Malgré ces annonces, Xavier Darcos n'arrive pas à calmer les lycéens, qui sont restés très mobilisés à la veille des vacances de Noël.
La réforme du lycée de Darcos verra-t-elle le jour dès la rentrée 2009 ? La rumeur enfle de toutes parts, en dépit des démentis formels du ministère.
Le directeur de Sciences po vient de se voir confier par Nicolas Sarkozy une mission "d’analyse, de compréhension, d’écoute et de proposition" sur la réforme du lycée. Nous avons interrogé Richard Descoings au lendemain de sa nomination.
Samedi, le Ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a invité les 600 délégués à la vie lycéenne à débattre du « projet de réforme » du lycée. La séance plénière, censée restituer leurs observations, fut houleuse (le reste de la journée était à huis clos). Extraits.
La réforme du lycée verra bien le jour à la rentrée 2010. Le nouveau ministre de l'Education nationale Luc Chatel l’a redit à sa conférence de presse de rentrée, le 31 août 2009. Le 1er septembre, les préconisations des différents acteurs sont attendues sur son bureau, à partir des propositions du rapport que Richard Descoings avait rendu à son prédécesseur, Xavier Darcos. Luc Chatel promet de donner ses orientations sur le nouveau lycée d'ici à fin septembre en souhaitant une réforme "ambitieuse". Parmi les idées très générales affichées : associer davantage les lycéens à la vie de leur lycée, mieux les préparer au supérieur et rendre leur orientation "plus réversible". Quelles sont les chances de réussite de Luc Chatel ? Nous avons cherché à comprendre à quels moments la stratégie politique mise en œuvre par Xavier Darcos avait échoué. Retour sur un an de tractations.
Contre la promesse de 500 équivalents temps-plein, une centaine de lycées devraient expérimenter à partir de septembre 2009 peu ou prou des pans de la réforme que Xavier Darcos avait été contraint de repousser. Retour sur un dossier à rebondissements qui dure depuis février 2009.
En déplacement à Saint-Lô pour ses vœux au monde éducatif le lundi 12 janvier 2009, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il nommait Martin Hirsch au poste de haut commissaire à la Jeunesse et qu’il confiait à Richard Descoings une mission de concertation pour mener à bien la réforme du lycée.
CONFIDENTIEL











Commentaires
viviane micaud - 17-12-08 09:09
Belle communication du gouvernement, mais pas vraiment conforme à la réalité. En réalité, il y a eu deux projets de réforme.
Celui sur la feuille de route de juillet 2008 qui était complètement irréaliste: un parcours où chaque élève choisissait ce qui lui plaisait. Un truc inorganisable et qui ne préparait aux études supérieures que les initiés qui avaient choisis les bonnes options.
Puis, vers septembre la copie a été revue pour se rapprocher des propositions du SNES-FSU qui a su, à mon grand étonnement, avoir sur le sujet une vraie réflexion de qualité. Sur la proposition de septembre, le découpage en modules sur les enseignements communs de seconde avait disparu, La notion de fillière ou série allait être conservée pour le cycle terminal, en faisant évoluer les séries actuelles pour prendre en compte les dysfonctionnements constatés. Pour le cycle terminal, un tronc commun serait imposé en fonction de la \"dominante\" choisie. Des enseignements optionnels seraient proposés. Ce revirement, explique le vide de la proposition du 20 octobre : raffistolage à la va-vite, du travail fait à partir de la feuille de route de juillet 2008.
Globalement, la nouvelle seconde n\'avait plus rien de vraiment révolutionnaire. Le tronc commun a évolué. Les élèves doivent choisir deux options de 3H à la place d\'une. Ils pourront s\'ils le veulent en changer au bout d\'un semestre.
Cependant, même si les modules d\'exploration et d\'approfondissement (nouvelle seconde) ressemblent étrangement aux enseignements de détermination (ancienne seconde), permettre le choix de deux options n\'est pas si simple que cela. Tous les lycées ne peuvent pas proposer pas toutes les options (besoin d\'équipement pour certaines options, nombre d\'élèves minimum pour remplir les options). Il y a également des difficultés d\'emploi du temps : si les plages horaires peuvent être réservés pour les options. Forcément plusieurs options se dérouleront sur la même plage horaire. Donc des restrictions de choix à expliquer au 3ème. Ce point n\'avait pas encore était résolu et il était impossible de le faire dans des délais raisonnables.
Deuxième difficulté, l\'équilibre des enseignements. La seconde ne découlait pas d\'une étude global prenant en compte les fondamentaux de la construction de la connaissance, les acquis normaux des élèves jugé capable de suivre la seconde générale et technologique, avec pour finalité des années lycées la poursuite des études supérieures. Le tronc commun découlait plus du lobbying des associations de profs de matière. L\'articulation avec le cycle terminal n\'a pas été étudiée puisque celui-ci n\'est aujourd\'hui défini que dans les grands principes.
Troisième difficulté, si on prend en compte que les options sont souvent prévus pour des groupes de 17élèves max, la nouvelle seconde demandait plus d\'heures enseignants que l\'ancienne. Or vu du gouvernement, la diminution des heures-enseignants est le premier critère.
En résumé, la réforme n\'était pas prête. Tous les partenaires raisonnables demandaient son report d\'un an.
Ce n\'est pas les rumeurs qui inquiétaient les parents de 3ème, mais le fait de choisir des options, choix qui serait forcément structurant sans en connaître les conséquences. (Changer de lycée d\'affectation par exemple)
Bien sur le vide de la communication (vide du à ce que l\'analyse détaillée de l\'application était en cours) a été du pain béni pour les associations de lycéens, qui traditionnellement s\'intéressent plus au sentiment de pouvoir que procure la endoctrinement des foules de jeunes qu\'à l\'intérêt de la nation. Mais l’existence d’association de lycéens est une contrainte inévitable qu’un chef de projet avisé aurait du prendre en compte.
Peut-être que par endroit, étant donné que Darcos a mis beaucoup trop de temps pour prendre une décision qui était clairement indispensable depuis 2 mois, certains adultes ont peut-être utilisé ces rumeurs mais pas de manière systématique.
La cause intrinsèque du report est l’irréalisme des personnes qui ont initié la réforme et l’ont mené dans les premiers temps.
trlbjb - 17-12-08 01:36
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