En bref
Rapport Pochard : premières divisions chez les syndicats enseignants
Une semaine après la remise du rapport Pochard, le syndicalisme enseignant s’affiche officiellement divisé sur le chantier « condition enseignante ». Neuf organisations du second degré (Snalc, Snetaa, SNCL-FAEN, SN-FO-LC, Snes-FSU, Unsen-CGT, Snep, SUD-Education, Snuep) viennent, dans un texte commun, de critiquer, vertement, le document et menacent le ministère de « suites communes ». Si parmi les neuf signataires, on retrouve des « gros » comme le Snes, le Snalc ou le Snetaa, il manque les deux syndicats estampillés « réformateurs » : le SE-Unsa et le Sgen-CFDT mais aussi le premier syndicat du premier degré, le Snuipp-FSU.
A l’orée des négociations entre les partenaires sociaux et le ministère, deux camps se dessinent clairement. D’un côté, les syndicats farouchement anti-Pochard emmenés par le Snes et le Snalc. Ceux-là sont prêts à engager dès maintenant l’épreuve de force avec Darcos si jamais il prenait à ce dernier l’envie d’appliquer les pistes du Livre vert. De l’autre, le SE et le Sgen qui voient dans le rapport, un « document bien ficelé » et « un bon outil pour la négociation ». Ceux-là comme le résume Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa ne prennent pas « le rapport pour des décisions » et veulent jouer le jeu des négociations.
11.02.08
Aller plus loin
Où en est la réforme sur la formation des enseignants ? Des rencontres bilatérales ont déjà eu lieu entre la CPU, la CDIUFM, le comité de suivi master et les cabinets des ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Au-delà de ces entrevues, la concertation entre tous ces acteurs tarde à démarrer. Xavier Darcos veut que les nouveaux concours soient déclinés à partir de 2010. La CPU et la CDIUFM s’accordent pourtant à dire que la mise en place de nouveaux masters est impossible à organiser pour la rentrée 2008…
Le « malaise des enseignants » est devenu depuis quelques années un sujet de société alimenté par une littérature médiatique et syndicale foisonnante. Parallèlement, à chaque rentrée scolaire sortent désormais plusieurs livres-témoignages décrivant le quotidien difficile des enseignants. S’appuyant sur une enquête qualitative de terrain auprès de 120 enseignants de collèges ou lycées et d’une quarantaine d’« experts de la difficulté enseignante » (directeurs d’établissement, personnels rectoraux…), la sociologue Françoise Lantheaume (Lyon 2-INRP) vient de co-publier un livre (*) sur les ressorts et les conséquences de ces difficultés. Conclusion : il faut davantage parler d’une crise du métier d’enseignant.










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