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Réorientation et insertion : les bonnes initiatives des universités

L’insertion professionnelle est devenue, avec la loi sur l’autonomie, une nouvelle compétence pour les universités. Valérie Pécresse était d’ailleurs en déplacement fin octobre 2008 à l’université de Bordeaux sur ce thème. Qui dit insertion professionnelle, dit bonne orientation. Les universités n’ont pas attendu la loi LRU pour aider leurs étudiants à construire leur projet professionnel, et de formation donc, avec des modules optionnels ou obligatoires de projet personnel.

L’ouvrage « Changer de voie, c’est possible », de Magali Clausener et Frédérique Letourneux, à paraître le 13 novembre 2008 (Editions L’Etudiant), détaille quelques expériences intéressantes au sein des établissements. L’ensemble de ces démarches ont un point commun. Elles sont basées sur les principes du bilan de compétences défini par la loi et destiné traditionnellement aux salariés : connaissance de soi, analyse de son parcours et de ses compétences, élaboration de son projet professionnel.

En avant-première, nous vous présentons les bonnes feuilles de ce livre. Après les bonnes pratiques dans les universités, nous vous ferons découvrir celles des écoles de commerce et d’ingénieurs.

 

Bilan universitaire de compétences

L’université Joseph-Fournier à Grenoble propose depuis deux ans aux étudiants de L3 ou de M1 un atelier facultatif bilan universitaire de compétences comprenant 10 séances de deux heures en petits groupes, animées par des professionnels du bilan de compétences. Au programme : connaissance de soi avec une analyse de son parcours, de ses activités et de sa personnalité ; connaissance de l’environnement professionnel avec un repérage des pré-requis demandés par les entreprises et la mesure de ses atouts ou attentes ; recherche d’informations sur les formations, les métiers et les secteurs d’activités ; entretiens avec des professionnels.

« À la fin de l’atelier, les étudiants élaborent un portefeuille de compétences et une carte des compétences qui présente les savoirs, les technicités et les qualités personnelles. Ils formalisent également leur projet professionnel et donc de formation », commente Marie-Françoise Soulage, coordinatrice du projet bilan universitaire de compétences et chargée de l’insertion professionnelle au sein de la cellule d’accueil, d’information et d’orientation de l’université. Cette démarche permet aussi aux jeunes d’élaborer des « outils de recherche d’emploi pertinents », c’est-à-dire CV et lettres de motivation.  

Construction du projet personnel ou professionnel

Depuis quatre ans, les étudiants de licence de Paris 3 doivent suivre le module construction du projet personnel ou professionnel au cours d’une des années de leur licence. Ces ateliers durent 18 heures réparties en six séances. Ils sont animés par des intervenants extérieurs spécialisés. Ces derniers aident les étudiants à réfléchir à leur parcours de formation, à clarifier leurs motivations, à soutenir leur démarche d’enquête sur les métiers et les débouchés de sa filière, et, enfin, à préciser leur projet personnel et professionnel.

Dans ce cadre, l’étudiant dispose d’un portefeuille de compétences qui lui permet de faire le point sur ses compétences et ses acquis. L’université a réalisé une enquête qui montre qu’environ 50 % des étudiants ont pu, grâce à ce dispositif, confirmer leur projet et 20 % trouver un nouveau projet. Près de 90 % déclarent que cet atelier leur a permis d’engager une réflexion sur eux-mêmes et leur avenir.  

Accompagnement du projet de l’étudiant

Pour accompagner l’étudiant, tout au long de son parcours (licence, master et doctorat), l’université Louis Pasteur à Strasbourg a instauré l’unité d’enseignement accompagnement du projet de l’étudiant. Cette UE se décline en trois modules encadrés et évalués par des enseignants : explorer, choisir, valoriser. Au total, l’étudiant suit de 12 à 14 heures de travaux dirigés. Entre chaque séance, il doit réaliser un travail personnel.

« En première année, il s’agit d’inciter l’étudiant à pousser sa réflexion sur son projet d’études et à explorer le monde professionnel. En deuxième ou troisième année, l’étudiant va réaliser un bilan à partir duquel il pourra réfléchir à son insertion professionnelle ou à sa poursuite d’études », relate Danielle Haug, directrice du service information, orientation, emploi de l’université. Et de conclure : « Lors de la dernière séance de travaux dirigés, nous remettons aux étudiants un questionnaire d’évaluation. Il s’avère que le taux de satisfaction est de l’ordre de 80 %. »  

Ateliers motivation ou réorientation

À l’université de Nantes, les étudiants ont la possibilité de suivre des ateliers de motivation ou de réorientation, des ateliers de projet professionnel et d’autres centrés sur le CV et la lettre de motivation. Le SUIO préconise aux étudiants de « donner du sens à leurs études », notamment en réfléchissant à leur projet personnel. Et de déclarer : « S’orienter ce n’est pas choisir un métier, mais construire un itinéraire ».

De fait, l’université propose sur son site Internet de mettre en adéquation métier envisagé et formation universitaire. Ainsi, dans la rubrique Formation initiale, puis Trouver sa formation, les étudiants peuvent cliquer sur les secteurs d’activité qui les intéressent (sous-rubrique Les métiers, les débouchés, les compétences) et voir d’emblée quelles formations correspondent à leur projet. L’université envisage de mettre en place une unité d’enseignement aide au projet personnel et professionnel pour les étudiants de L1 et de L2. Les L3 et M1-M2 bénéficieraient d’un projet tutoré : l’enseignant aiderait l’étudiant dans la constitution de son projet professionnel personnalisé (CV, lettre de motivation, stages…).

Magali Clausener

07.11.08

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Commentaires

  • Joël - 12-11-08 16:58

    Bravo pour ces questions mais quelles sont vos réponses, vous semblez avoir tout compris, mieux que les \"doctrinaires\" ? Quelle source d\'information utilisez-vous pour connaître les débouchés d\'une formation à l\'horizon n+5, n+4, n+3 ou même seulement n+2 ? La même que celle sur laquelle se sont basés les économistes, financiers, entrepreneurs, recruteurs, qui n\'ont pas vu la crise arriver ? Que proposez-vous pour former les profs de maths, de français, d\'histoire-géo, etc. au \"monde de l\'entreprise\" ? Ce monde existe-t-il ? Travailler pour McDo, pour Renault, pour Tati, pour Procter & Gamble, pour IBM, ce serait donc la même chose, le même monde ?...

  • Viviane Micaud - 12-11-08 08:17

    Et oui, la solution pour l\'orientation est de poser les bonnes questions : rechercher un itinéraire en prenant en compte \"ses compétences\", \"les débouchés\" et \"ses envies\",( itinéraire qui va changer en fonction des opportunités, des réussites et des échecs); puis laisser chaque établissement l\'autonomie pour aider les jeunes : aide à se projetter dans le futur, moyens de trouver de l\'information. Il semblerait que Pécresse ait bien posé le problème, pour les études supérieures. Pour le lycée, Darcos a des progrès à faire. Il y a un vide de contenu sur ce sujet. Pourtant, il y a toujours, par endroit, des doctrinaires qui sévissent expliquant qu\'il faut aller dans la fillière correspondant à sa passion indépendamment des débouchés sur le marché du travail. (70% des jeunes n\'ont pas de passion et se retrouver sans revenu ou caissière 32H dans un supermarché à Bac+5 n\'appportent pas le bonheur). Par ailleurs, en général, les enseignants ont une méconnaissance du monde de l\'entreprise.

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